Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Toutes les actualités

L'actualité en détail

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Point canicule: nos conseils élevage

Les animaux souffrent davantage des températures élevées que du froid. La baisse de production de lait en vaches laitières peut atteindre 10 à 20 %.

 

 

En période de fortes chaleurs, les besoins des animaux en eau sont fortement accrus : pour une température de 30°C, ils doublent par rapport à l’hiver pour une même alimentation. Ainsi, une vache en lactation peut actuellement consommer plus de 150 litres d’eau par jour !

Quantité d’eau consommée par animal et par kg de MS ingérée selon la température extérieure

Type animaux

Température extérieure

 Inférieure à 15° C

Egale à 25° C

Egale à 30° C

VL en fin de gestation

4 à 5 litres

6 à 7,5 litres

8 à 10 litres

VL en lactation

4,5 à 5,5 litres

6,5 à 8,5 litres

9 à 11 litres

Bovin à l’engrais

3,5 litres

5,5 litres

7 litres

 

Un coup de chaleur provoque une forte diminution de l’appétit qui peut atteindre 25%. Au pâturage, les parcelles ombragées sont bien sûr préférées. En bâtiment, pour favoriser le refroidissement de la température corporelle, l’idéal serait d’installer des ventilateurs et brumisateurs. Avant tout, il est important de laisser le bâtiment se rafraîchir la nuit en l’ouvrant au maximum pour créer des courants d'air. 

 

Fourrages, comment les exploiter au mieux ?

  • Prairies 

Les conditions météorologiques actuelles sonnent le glas de la période de pâturage. Pour ne pas abîmer les parcelles, il est préférable de parquer les animaux sur une prairie, de préférence ombragée, et de les affourager tant que la pousse ne reprend pas. Il vaut mieux avoir un surpâturage sur une petite parcelle que sur l’ensemble. Cela évitera de compromettre la repousse par un surpâturage excessif (en dessous de 3 cm de hauteur).
Même si des pluies significatives venaient à faire leur apparition (plus de 30 mm), la repousse sera longue, de l’ordre d’un mois minimum. Il sera nécessaire de laisser aux pâtures le temps de reverdir et d’accumuler suffisamment de hauteur (8 à 10 cm).
Notez que toutes les prairies ne sont pas égales face à la sécheresse. Les prairies multi espèces résistent mieux et poussent jusqu’à 28°C : Fétuque élevée, Dactyle, Brome,… ont un enracinement profond et supportent mieux les fortes températures. A l’inverse, le Ray Grass ne pousse plus après 22 °C… 

  • Maïs fourrage

A ce jour, difficile de mesurer les conséquences de ces fortes températures et du manque d’eau. Cet épisode caniculaire a d’abord eu pour effet de bloquer l’élongation des tiges avec une incidence variable selon le stade du maïs. Il tombe malheureusement à une période bien délicate de fécondation de la fleur femelle (soies) et de détermination du nombre de grains viables sur l’épi. Un manque d’eau de la floraison jusqu’à trois semaines après aura essentiellement pour conséquence de limiter le nombre de grains formés.
Selon la pluviométrie du secteur, de la profondeur de l’enracinement et de la réserve hydrique du sol, le comportement du maïs sera différent. Surveillez en particulier l’évolution des maïs implantés en parcelles séchantes (cranettes, limon sableux) : l’objectif est de récolter une plante ensilable c'est-à-dire à un taux de MS permettant la conservation avec des feuilles encore vertes pour faciliter le tassement et le processus d’acidification. Le retour de la pluie sur une plante qui garde quelques feuilles vertes (4 à 5 feuilles au niveau et au dessus de l’épi) permet d’assurer une photosynthèse suffisante pour la poursuite du cycle. Dans tous les cas, le scénario d’une récolte précoce cette année se dessine. 

 

Que faire si les stocks de fourrage sont justes et le rendement maïs fourrage compromis ? 

  • Cultures dérobées : Les conditions actuelles ne permettent pas d’assurer une bonne levée et un développement rapide. Seules des espèces comme le colza fourrager, le chou, la navette sont moins exigeants en termes de préparation de sol mais limitent les possibilités de récolte : ils sont préférables en pâturage ou affouragement plutôt qu’en ensilage. La question pourra se poser lors du retour des pluies pour envisager une récolte de printemps. 

 

  • Co-produits humides : Ils peuvent remplacer une partie du maïs fourrage. Les pulpes surpressées seront disponibles à partir de septembre. D’autres co-produits sont disponibles actuellement : Fibres de Blé (45% MS - 22% MAT) à 82 €/tonne rendue, Corn Feed Humide / Proficorn (41% MS - 20% MAT) à 70 €/tonne rendue, Pulpe de Pois (24% MS - 40% amidon) à 25-27 €/tonne rendue, Pulpe de pommes de terre (22% MS – 70% amidon) à 30 €/tonne rendue. En situation de demande, les prix évoluent malheureusement rapidement à la hausse … 

 

  • Co-produits secs : La récolte cette année de fanes de pois ou de paille de qualité permet d’envisager une ration sèche pour les petites génisses afin de réserver en priorité le maïs fourrage aux vaches. Prix départ par 25 tonnes au 26 juillet : Corn Feed sec : 189 € /t, Corex 200 : 192 €/t, Milurex : 174 €/t, Amyplus : 160 €/t. 

 

Conseils basés sur les observations terrain en date du 27 juillet à ajuster en fonction des  conditions climatiques des prochains jours.  


Pierrick BOULAN
Conseiller productions animales et fourrages